Cijara Tournament Bass

Après un périple de 1300 km, traversant l’Espagne d’Est en Ouest via Madrid d’une seule traite, (mon emploi du temps ne me permettez pas de flâner sur la route), je suis enfin arrivé aux environs de deux heures du matin au point de rendez-vous se situant à quelques centaines de mètres du lac. Pour vous donner un aperçu, le lac mythique en plein Extremadura est un barrage d’une superficie d’environs 7000 hectares avec des criques longues de plusieurs kilomètres, un joli terrain de jeu; ce qui nous change un peu des lacs Français qu’on n’a l’habitude de pratiquer.

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Olivier me rejoint dans un village qui semble presque abandonné. Fatigué et content d’être enfin arrivé, je lui suggère d’aller nous reposer et ensuite de faire un tour d’horizon sur le barrage voisin (Garcia Sola) pour nous entrainer. La nuit fut courte, je vous laisse imaginer…   et honnêtement nous le prenons plutôt tranquille, nul besoin de stresser !

Nous prenons un déjeuner copieux et arrivons enfin sur l’eau vers dix heures. Après une prospection rapide mais sans conviction de ma part, nous faisons quelques poissons pour nous amuser ! Fini le tourisme, le concours nous attend ; nous abordons rapidement les points de vues nécessaires pour notre stratégie. Olivier me détaille tout ce qu’il a pu constater, il n’en oublie pas une miette et comme il dit : « le travail est fait ». Vers quinze heures, nous rentrons pour souffler un peu et faire une bonne sieste espagnole.

D’après le préfishing d’Olivier, les Ubershads de chez Xcite ou les Thundershads de chez V&M de 4 ou 5 pouces (12cm) en weightless (hameçon texan non plombé) sortent du lot.

Par précaution, je prends quelques têtes plombées pour pêcher entre deux eaux, sans oublier bien sûr ma panoplie de poissons-nageurs et de swimbait.

Le jour-J, réveil à six heures du matin, nul besoin de se presser nous savons que nous partons les derniers de la manche et le lieu du concours se situe à quelques kilomètres.

À peine parti, nous croisons un chat noir, ça commence bien haha !… Après une désinfection de notre embarcation, nous voilà prêt à mettre à l’eau au milieu, pas moins de : « cent-vingt bateaux ».

Première manche :

Dés le départ donné, nous savions qu’une longue distance nous séparait de notre premier poste de pêche. Au bout de quelques lancés seulement, je rentre un poisson à peine maillé (au Crankbait de chez Livingston). Malheureusement par expérience, je sais qu’il ne faut pas tomber dans le panneau, je suggère à Olivier de changer de zone pour ne pas perdre notre temps. Olivier est d’accord avec moi, il me propose une zone plus profonde et aux eaux plus claires .Une fois sur la zone, il se met à pêcher en « eighties » juste sous la pellicule d’eau dans sept à huit mètres de profondeur. Inutile de vous dire que pour ceux qui ne connaissent pas la technique c’est assez surprenant !

Afin de pêcher différemment, j’opte pour une tête-plombée de dix grammes selon la méthode du : lancer/ramener et aussi incroyable qu’il soit, Olivier enchaine les prises et nous réalisons rapidement un quota de cinq poissons. L’eau y est tellement claire que l’on voit les Bass monter comme des missiles sur son Shad happaient le leurre et replongeaient aussi vite sans jamais s’occuper de mon leurre qui se trouvait à quelques centimètres, c’était déroutant !

Du coup, j’essayais en vain toute ma panoplie de leurres durs mais rien y faisait donc je me suis rabattu sur du lourd !

Mes fameux swimbait, des prototypes de chez Livingston (Design : Jerry Ragot) qui j’espère seront bientôt disponibles dans le commerce.

Les touches s’enchainent mais nous comptabilisons un nombre incroyable de décrochés. Nous avons deux ou trois poissons qui nous ferons défauts à la pesée ! Comme je le disais plus haut, on voyait les Bass aspirer littéralement le leurre et avec sang froid, nous les avons laissés se retourner pour mieux les ferrer et là comme par magie le leurre ressortait sans que nous ayons besoin de ferrer ! Au bout de cinq ou six gros spécimens et malgré quelques modifications, nous n’avons, malheureusement, pas fait mieux.

Les heures passaient à grande vitesse et nous n’avions pas remplacé les deux ou trois poissons qui nous faisaient défaut, et pour couronner le tout, le vent cessa brusquement comme les touches d’ailleurs. L’influence du vent sur la pêche des carnassiers est déterminante ! Nous rentrons, dépité, vers la pesée avec la certitude d’avoir loupé un épisode et un classement qui nous aurait propulsés sans problème parmi les cinq premiers.

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Deuxième manche :

Nous partons dans les premières vagues confiants sur notre zone de pêche de la veille située vers le haut du barrage ! Mais malheureusement sans compter sur la stratégie des autres concurrents qui ont littéralement désertés le bas du barrage (non productif) pour ce retrouver tous sur notre zone de pêche en amont plus poissonneuse. A peine arrivé, sur une petite zone pour commencer notre prospection que nous décrochons coup sur coup deux énormes Bass à quelques mètres l’un de l’autre ! Là, je me dis ça va recommencer sauf qu’au bout de quelques minutes, une horde de concurrents se place un peu partout autour de nous en voyant notre succès ! Afin de préserver notre technique, je suggère à Olivier de changer de zone quitte à y revenir plus tard. Il me propose de revenir sur la zone de la première manche en cherchant plus profond cette fois-ci.

Bien sur ayant une confiance totale dans son approche, nous nous y rendons et nous nous retrouvons rapidement seuls au monde, plutôt curieux pour un concours !  Là, au fond d’une crique nos échosondeurs Humminbird (merci Navicom) nous gratifie de jolie spectacle en profondeur, des boules d’ablettes se font littéralement bousculer en intermittence par des carnassiers, je demande à Olivier s’il y a des sandres, il me répond : « oui » mais pas tant que ça, je lui réponds si ce n’est pas des sandres c’est des Bass et donc la pêche en verticale ou Shaky Head (petite tête plombée) s’impose. Il me décroche un regard suspicieux… Soit confiant, je m’occupe de la verticale, tu n’auras qu’a faire du « lancer /ramener » en prenant soin de gratter le fond très lentement.

Vous avez compris la verticale, ce n’est pas son dada et il est vrai que pêcher des Bass dans cette technique c’est rallant mais c’est le résultat qui compte. Au premier lancer, Olivier prends une touche et rapporte un joli Bass d’environ un kilo huit cent, je prends les choses en main pour la verticale et nous voici partie pour un festival avec pas moins de trente poissons maillés de calibres identiques. Persuadé que les gros sont dans les parages, nous peignons la zone sans relâche et Olivier nous décroche un énorme Bass. Aïe ! Lui dis-je, celui-là va nous manquer. Nous tentons plus profonds mais en vain, arrive le temps de rentrer pour la pesée. Et comme le jour précédent les deux ou trois poissons décrochés vont nous faire défaut.

Au point de rendez vous nous apprenons que très peu d’équipes ont le quota. Nous sommes à moitié surpris et confiant pour une pesée raisonnable. Au final seul sept équipes affichent plus de sept kilos à la pesée et nous propulse treizième au classement général. Ravi pour une première, car malgré nos déboires nous somme restés confiant.

J’en profite pour remercier tous nos partenaires, Naskan, Livingston, Navicom ainsi qu’à toute l’organisation qui a su faire de cet évènement un concours digne des Open Américains. Je remercie également toutes les personnes qui nous soutiennent au quotidien.

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